lundi 5 décembre 2016

Coalition ?

Le sujet va crisper et pourtant il fait le thème d'un des derniers livres de Dany Cohn-Bendit (Et si on arrêtait les conneries)
Il est peu probable, une fois encore, qu'une majorité claire se dessine au premier tour du prochain scrutin national. Cela signifie qu’au second tour, il faudra pour beaucoup choisir le "moins pire", voire revivre la situation de 2002 ou s'abstenir et donc renoncer à participer, ce qui pour les démocrates est douloureux.
Celui ou celle qui sera élu, aura probablement bénéficié du scrutin positif de 15 à 20% des électeurs.
Voilà pourquoi lors de la consultation législative suivante il n'y aura pas de "proportionnelle" car il est convenu que le président pour gouverner doit disposer d'une majorité.
Mais pourquoi donc cette majorité ne se comprend que par le parti du président ? Que reste-t-il, réellement, de la représentativité ?
Tous les partis se verront obligés de passer des alliances. Techniques ou électorales, celles-ci apparaissent "louches". Mais pour conduire les affaires elles seront incontournables, à condition de croire que la vocation d'un parti politique ne soit pas de faire de la figuration ou de l'opposition systématique.
Comment ne pas retomber dans les errements de la IVème république : marchandages et bricolages qui générèrent l'instabilité puis le "putsch" du général ? Négocier des objectifs programmatiques et non des représentations.
Pour cela il faut que les partis aient une vie suffisamment créative pour fabriquer du contenu qui débouche sur des éléments programmatiques indispensables.
Les partis doivent choisir entre fabriquer des leaders ou construire du programme. Les premiers se déchireront, le second occupera l'espace de négociation et fera l'engagement des élus vis à vis des électeurs. C'est moins facile mais rudement plus efficace quand on est démocrate.
Ne serait-ce pas, ce que la population demande ?

mercredi 6 juillet 2016

A quoi sert un parti politique ?

Quelques temps après une élection législative partielle, il apparait utile de faire un petit point sur la fonction d'un parti politique.

Souvent présentés comme des écuries d'élus, les partis sont l'objet de critiques acerbes. Puisque notre République est monarchique, les partis "accompagnent" le pouvoir ou les oppositions. Aussi fleurissent les initiatives hors des partis : clubs divers, mouvements, nuit debout, indignés, etc.

Certes la discipline interne d'un parti est parfois lourde, la sclérose peut être présente, l'instrumentalisation possible mais faut il tout jeter ?
Les luttes ont besoins de cadres, les réflexions de lieux de débat et la spontanéité "populaire" ne l'est pas toujours et même peut parfois jouer des tours.

C'est pourquoi ne jetons pas le parti dans le déni du politique ou dans le rejet de certaines formes peu altruistes des pratiques politiciennes.

La fonction d'un parti politique est multiple :
1             Participer à l'intelligence collective par le débat, la multiplication des analyses, la démultiplication des capacités d'étude, de synthèse et d'analyse.
2            Préparer et hiérarchiser les éléments programmatiques indispensables aux campagnes et surtout à exercer seul, et plus encore en coalition, les responsabilités publiques.
3             Un repère dans les positions, une parole publique
4            Faire relai des réalités sociales diverses.
5            Porter des utopies et les rendre réelles (l'Europe fédérale et démocratique par exemple).
6            Former et insérer de nouveaux militants dans le mouvement

Ce qu'un parti ne doit pas être :
1             Un obscur outil démocratique de captation de la représentation
2            Un lieu de combat interne propice à la compétition du plus "pur"
3             Un cercle de convaincus, bien entre eux

4            ........

mercredi 1 juin 2016

Donner consigne de vote ?

A l'issue d'un premier tour avec très faible participation et débat au sein du groupe local, j'écrivais le paragraphe suivant.
                                                                           
Il est évident qu'un parti politique, initialement dans la majorité de l'exécutif national désormais en désaccord profond sur la politique menée par Monsieur Valls, ne peut appeler à voter pour un candidat qui s'en revendique. Trop de trahisons subies : Fessenheim, taxe poids lourds, abus de 49.3, débat douteux sur la nationalité, loi ElKhomri ........
Cependant ne pas appeler à reporter les voix ne signifie pas, ne doit pas signifier, qu'il faut prôner l'abstention ou le vote blanc. N'y aurait il pas assez d'abstention  ?

Si l'on est démocrate, en l'absence d'autre dispositif que la représentation, il n'est pas possible de faire l'apologie de l'abstention, sauf à se priver volontairement de la citoyenneté.
Les votes blancs n'étant pas considérés, ils participent à  accentuer le score du majoritaire. C'est dommage mais c'est la réalité de notre système électoral.

Donc, en conscience, il faut voter !

Reste désormais la question de la vocation de la consigne de vote. Pourquoi ? Comment ? Par qui ?

Cohérente lors des grandes oppositions, lorsque le populisme permet de déguiser le loup en agneau ou le mou en radical, c'est une nécessité d'informer, après élimination d'un candidat, "ses" électeurs de la continuité de leurs position.
Désormais où les positions se clarifient, la chose n'est plus utile. Ce serait plutôt aux candidats encore en lice de s'adresser aux électeurs des candidats éliminés.
Evidement cela ne protège nullement des promesses mensongères, du genre "mon ennemi c'est la finance"
On peut en conclure que la consigne n'a pas de sens, et pire encore, qu'elle est destructrice lorsque l'on sait qu'elle ne sera pas suivie, et que c'est ce pari irresponsable qui est mis en oeuvre.
La consigne de vote devenue un objet tactique intra-coalisés potentiels, n'est plus du tout au bénéfice de l'électeur. Il faut donc l'abandonner ou l'annoncer plus tôt.

Si consigne il ya ou si on s'y refuse, il faut l'annoncer au plus tôt et probablement avant le scrutin afin d'éviter les effets d'émotion. Une election n'est pas un épisode de tèlè réalité.

Est ce au candidat de prendre la décision ? probablement non, car dans d'autres lieux, d'autres temps, il aura à négocier, à coopérer avec d'autres. Il faut le préserver. Il doit incarner le projet et les valeurs de son parti, non les arrangements, les tactiques ou simplement la réalité dure et pragmatique.

Ainsi la logique voudrait que ce soit l'instance de désignation du candidat qui s'arroge le droit d'émettre des recommandations. L'annonce devrait également en être réalisée avant le vote, dans une volonté de transparence.