mercredi 1 juin 2016

Donner consigne de vote ?

A l'issue d'un premier tour avec très faible participation et débat au sein du groupe local, j'écrivais le paragraphe suivant.
                                                                           
Il est évident qu'un parti politique, initialement dans la majorité de l'exécutif national désormais en désaccord profond sur la politique menée par Monsieur Valls, ne peut appeler à voter pour un candidat qui s'en revendique. Trop de trahisons subies : Fessenheim, taxe poids lourds, abus de 49.3, débat douteux sur la nationalité, loi ElKhomri ........
Cependant ne pas appeler à reporter les voix ne signifie pas, ne doit pas signifier, qu'il faut prôner l'abstention ou le vote blanc. N'y aurait il pas assez d'abstention  ?

Si l'on est démocrate, en l'absence d'autre dispositif que la représentation, il n'est pas possible de faire l'apologie de l'abstention, sauf à se priver volontairement de la citoyenneté.
Les votes blancs n'étant pas considérés, ils participent à  accentuer le score du majoritaire. C'est dommage mais c'est la réalité de notre système électoral.

Donc, en conscience, il faut voter !

Reste désormais la question de la vocation de la consigne de vote. Pourquoi ? Comment ? Par qui ?

Cohérente lors des grandes oppositions, lorsque le populisme permet de déguiser le loup en agneau ou le mou en radical, c'est une nécessité d'informer, après élimination d'un candidat, "ses" électeurs de la continuité de leurs position.
Désormais où les positions se clarifient, la chose n'est plus utile. Ce serait plutôt aux candidats encore en lice de s'adresser aux électeurs des candidats éliminés.
Evidement cela ne protège nullement des promesses mensongères, du genre "mon ennemi c'est la finance"
On peut en conclure que la consigne n'a pas de sens, et pire encore, qu'elle est destructrice lorsque l'on sait qu'elle ne sera pas suivie, et que c'est ce pari irresponsable qui est mis en oeuvre.
La consigne de vote devenue un objet tactique intra-coalisés potentiels, n'est plus du tout au bénéfice de l'électeur. Il faut donc l'abandonner ou l'annoncer plus tôt.

Si consigne il ya ou si on s'y refuse, il faut l'annoncer au plus tôt et probablement avant le scrutin afin d'éviter les effets d'émotion. Une election n'est pas un épisode de tèlè réalité.

Est ce au candidat de prendre la décision ? probablement non, car dans d'autres lieux, d'autres temps, il aura à négocier, à coopérer avec d'autres. Il faut le préserver. Il doit incarner le projet et les valeurs de son parti, non les arrangements, les tactiques ou simplement la réalité dure et pragmatique.

Ainsi la logique voudrait que ce soit l'instance de désignation du candidat qui s'arroge le droit d'émettre des recommandations. L'annonce devrait également en être réalisée avant le vote, dans une volonté de transparence.